Synthèse : Racine, en adaptant le mythe de Phèdre, s’est écarté du modèle antique en introduisant un amour d’Hippolyte pour Aricie, justifiant cette entorse par la nécessité aristotélicienne de la faute du héros. Cette modification, bien que puisant dans des sources antérieures, visait à rendre le personnage plus compréhensible et à intégrer l’amour au cœur de la tragédie, tout en respectant les codes du XVIIe siècle. L’épisode amoureux, loin d’être un simple ajout, structure l’intrigue, influençant les choix de Phèdre et introduisant un enjeu politique lié à la succession. Racine a habilement exploité l’absence de Thésée pour créer une crise dynastique, intégrant ainsi les enjeux amoureux dans une dimension politique cornélienne. La pièce s’articule autour d’une dynamique des aveux, rappelant la structure musicale de «Mithridate», et organisant les premiers actes en un jeu de contrastes et de gradations qui préfigurent le dénouement tragique.
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