Synthèse : L’étude se propose d’analyser la révolution racinienne en matière de caractérisation dramatique, en remontant à «Andromaque» pour mieux saisir l’originalité de «Phèdre». L’auteur met en lumière la rupture opérée par Racine avec la conception aristotélicienne du caractère, qui privilégiait la constance et la bienséance. Dans «Andromaque», Racine confronte les critères de la convenance et de la ressemblance, créant une esthétique de la contradiction où les personnages, tiraillés entre leur élan héroïque et la force de la passion, révèlent une complexité psychologique inédite. L’analyse se concentre ensuite sur «Phèdre», où la tragédienne incarne cette dualité : déchirée entre son ethos de reine et la violence de son pathos amoureux, elle lutte constamment contre sa passion sans jamais renoncer à son devoir. Cette tension, qui distingue radicalement la Phèdre racinienne de ses prédécesseurs, notamment celle de Garnier, est au cœur de l’innovation du dramaturge. En opposant l’ethos et le pathos, Racine ne cherche pas à explorer une psychologie verticale, mais à mettre en scène le trouble tragique des passions, offrant ainsi une vision renouvelée de la tragédie.
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