Synthèse : L’étude proposée interroge la pertinence de l’étiquette « janséniste » appliquée à «Manon Lescaut», roman sulfureux d’un ancien jésuite. Après un rappel des fondements du jansénisme, notamment la prédestination et la grâce, l’analyse se penche sur les éléments du roman qui pourraient justifier cette filiation : la thématique du destin, l’opposition entre Des Grieux et Tiberge, et la personnification de la concupiscence par Manon. Le chevalier, prisonnier de sa passion, semble en effet soumis à une fatalité qui le dépasse, évoquant ainsi les tourments des personnages raciniens.
Cependant, l’étude nuance cette interprétation. L’amour voué à Manon, plus qu’à Dieu, et le recours à un déterminisme païen plutôt qu’à la grâce divine, éloignent Des Grieux des préceptes jansénistes. De plus, l’utilisation de la casuistique et la possible instrumentalisation des discours jansénistes par le chevalier soulèvent des doutes quant à sa sincérité. En définitive, le texte conclut que «Manon Lescaut» ne peut être considéré comme un roman janséniste au sens strict, remettant en question les interprétations antérieures et suggérant une lecture plus complexe de l’œuvre.
Contenu réservé aux abonnés
Le contenu principal de cette analyse est réservé aux abonnés. Pour y accéder, veuillez vous connecter ou souscrire à un abonnement.