Le roman épistolaire est une forme conditionnée historiquement, qui doit son existence à la conjonction d’une forme d’expression, la lettre, et d’un genre littéraire en mutation permanente à la fin du XVIIème siècle, le roman.
La composition du roman épistolaire révèle donc sa double origine . On peut alors partir de l’idée que le roman par lettres résulte du croisement de ces deux formes : la Lettre qui impose une structure de communication particulière, et le roman qui tente de modifier sa portée et sa teneur en cherchant la voie de l’introspection et de la vraisemblance .
Dans le Roman épistolaire, le romancier semble s’effacer et donner à son oeuvre toutes les apparences d’un document authentique comme La nouvelle Héloïse de Jean Jacques Rousseau (1761), ou Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (1782).
Ce genre naît de la vogue de la Lettre dans la première moitié du XVIIème siècle (cf Voiture ou Mme de Sévigné.).
Comme les Lettres d’une religieuse portugaise de Guilleragues (1669) ou les Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R** de Crébillon, le Roman par Lettres peut être à une voix, comme un recueil des écrits d’une personne en particulier, à deux ou plusieurs voix comme Montesquieu avec ses Lettres persanes (1721) ou chez Choderlos de Laclos qui vont faire intervenir une diversité de points de vue.
Le Roman épistolaire va connaître un grand succès car il donne l’illusion de la réalité et permet au lecteur de voir se tisser les fils des tensions romanesques. En effet, le mode de narration choisi met en place plusieurs correspondances qui s’entrecroisent créant un dialogue romanesque subtil qui reflète la vie, les passions et les sentiments de chaque personnage au rythme du déroulement des événements
Cette forme de Roman est aussi un moyen d’échapper à la censure en faisant accroire de la fiction alors que le prétendu échange de correspondances n’est qu’un moyen de dénoncer le système social religieux et politique de l’époque (par exemple Les Lettres Persanes de Montesquieu)