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Rimbaud - Recueil de Douai - Rêvé pour l'hiver - analyses

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Synthèse : Dans ce poème énigmatique, Rimbaud nous transporte dans un voyage en train où l'amour et la poésie se mêlent harmonieusement. À travers des images poétiques, il décrit un moment d'intimité et de tendresse entre deux amants, évoquant des baisers passionnés et des sensations délicates. L'atmosphère hivernale renforce le sentiment de chaleur et de protection qui émane du texte. La présence d'une figure féminine mystérieuse, nommée "Elle", ajoute une dimension de quête et de recherche, laissant planer le doute sur son identité réelle ou symbolique. Ce poème, écrit dans un contexte historique particulier, révèle la modernité et l'audace de Rimbaud dans sa manière d'aborder le thème de l'amour et du voyage en train, tout en s'inscrivant dans la lignée des poètes de son époque qui ont exploré ces thématiques avec sensibilité et originalité.


A*** Elle

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...

Et tu me diras: "Cherche!" en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup...

En wagon le 7 octobre 1870



Le poème aurait été écrit « en wagon ». Rimbaud y a-t-il fait la rencontre de cette « Elle » à qui le poème fut dédicacé. Mais ce pourrait être une figure imaginaire, un pur prétexte littéraire. La source pourrait être dans le poème des ‘’Cariatides’’ de Banville, ‘’À une muse folle’’ : on y retrouve l’«hiver», les «coussins», le lit recouvert d’une «étoffe moelleuse». «Que fait cette glace», dit Banville,
«Et ce vieil ouragan au blasphème hagard ?
Au lieu d’user nos voix à chanter des poèmes,
Nous en ferons sous les rideaux »
Il faut savoir que les impressions des voyages en train avaient encore le charme de la nouveauté.
Villiers de l’Isle-Adam avait donné au ‘’Parnasse’’ de 1866 un poème ‘’Sur le chemin de fer’’ ; Mérat écrivit dans ‘’Les chimères’’ un poème sur le même sujet, ‘’En wagon’’ ; Verlaine en fit figurer un dans les ‘’Romances sans paroles’’.
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