Verhaeren - Les Heures claires - Au Clos de notre amour -

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SynthĂšse : L'Ă©tĂ© s'Ă©panouit dans un jardin idyllique oĂč la nature se pare de ses plus somptueux atours. Un paon d'or traverse majestueusement une avenue, tandis que des pĂ©tales aux couleurs Ă©clatantes ornent les pelouses verdoyantes. Les Ă©tangs miroitent sous le doux baiser des nĂ©nuphars immaculĂ©s, et les groseilliers forment de gracieux cortĂšges dans les quinconces. Un insecte iridescent danse autour d'une fleur, et les sous-bois s'illuminent de reflets chatoyants. Mille abeilles vibrent autour des grappes d'argent, et l'air lui-mĂȘme semble s'animer de lumiĂšre. Les routes, telles des gestes vermeils, s'Ă©tirent vers l'horizon nacrĂ©, montant vers le soleil. Cette vision sublime est le reflet de la joie intense qui unit les deux Ăąmes, reconnaissant leur bonheur dans cette symphonie de couleurs et de lumiĂšre.

Au clos de notre amour, l’étĂ© se continue :
Un paon d’or, là-bas, traverse une avenue ;
Des pétales pavoisent
– Perles, Ă©meraudes, turquoises –
L’uniforme sommeil des gazons verts
Nos étangs bleus luisent, couverts
Du baiser blanc des nénuphars de neige ;
Aux quinconces, nos groseilliers font des cortĂšges ;
Un insecte de prisme irrite un coeur de fleur ;
De merveilleux sous-bois se jaspent de lueurs ;
Et, comme des bulles légÚres, mille abeilles
Sur des grappes d’argent vibrent au long des treilles.

L’air est si beau qu’il paraüt chatoyant ;
Sous les midis profonds et radiants
On dirait qu’il remue en roses de lumiùre ;
Tandis qu’au loin, les routes coutumiùres
Telles de lents gestes qui s’allongent vermeils,
A l’horizon nacrĂ©, montent vers le soleil.

Certes, la robe en diamants du bel été
Ne vĂȘt aucun jardin d’aussi pure clartĂ©.
Et c’est la joie unique Ă©close en nos deux Ăąmes,
Qui reconnaĂźt sa vie en ces bouquets de flammes.

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