Synthèse : En 1919, la publication d'un nouveau livre sur la guerre était un défi après le succès de Barbusse et de Genevoix. Dorgelès, journaliste et combattant, ressent le besoin de mettre en mots sa propre expérience au Front, mêlant mémoire et exorcisme. Son roman "Les Croix de bois" se déploie en 17 chapitres, suivant la destinée tragique de Gilbert Demachy, étudiant en droit devenu soldat. L'ambivalence de la guerre est au cœur du récit, oscillant entre horreur et fascination, entre rire et larmes, entre grotesque et pathétique. Les scènes du quotidien des soldats au Front, entre combats, attentes, relations complexes avec l'arrière, exécutions et retour difficile des survivants, sont décrites sans fard. La mort, la mémoire et l'oubli sont des thèmes récurrents, soulignant la vulnérabilité des corps, l'insignifiance des individus sur le champ de bataille et la solitude face à la mort. Dorgelès, contrairement à Barbusse, ne cherche pas à dénoncer politiquement la guerre, mais plutôt à exorciser les souvenirs pour mieux les oublier. Ce roman, à la fois poignant et lucide, offre une vision humaine et nuancée de l'expérience des soldats pendant la Première Guerre mondiale.
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