Synthèse : L'œuvre baudelairienne, intrinsèquement liée aux mutations du Second Empire, s'avère le lieu d'une exploration poétique inédite de la modernité, conçue à la fois comme source d'inspiration et objet d'une profonde ambivalence. Confronté au progrès technique et, plus encore, à l'émergence d'une modernité sociale et politique angoissante, Baudelaire apparaît comme un "antimoderne", pris dans une dialectique où le transitoire et l'universel, le spleen et l'idéal se conjuguent. L'analyse de la peinture, notamment à travers les figures de Delacroix et Manet, révèle un regard en miroir, reflet d'une conscience aiguë de la finitude et d'une appartenance à un monde "en train d'expirer". Le poète, qui invente un répertoire de motifs désormais canoniques, révèle, à travers Les Fleurs du Mal et Le Spleen de Paris, une expérience moderne profondément contradictoire, ouvrant ainsi la voie à une poésie de la modernité.
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