Verlaine - Poèmes saturniens - Résignation - analyse
Synthèse : Dans ce poème, le narrateur évoque ses rêves d'enfance emplis de fastes et de luxure, inspirés par la magnificence persane et les figures historiques d'Héliogabale et Sardanapale. Ces visions de harems infinis et de plaisirs sensoriels traduisent un désir insatiable pour le grandiose. Cependant, avec le temps et la sagesse acquise, il apprend à tempérer ses aspirations sans pour autant s'y résigner totalement. Bien que le narrateur ait dû renoncer à ses ambitions démesurées, il rejette toujours les médiocrités du quotidien, exprimant une aversion persistante pour la banalité, qu'elle soit incarnée par la beauté conventionnelle, la rime facile ou la prudence amicale.
Tout enfant, j’allais rêvant Ko-Hinnor,
Somptuosité persane et papale,
Héliogabale et Sardanapale !
Mon désir créait sous des toits en or,
Parmi les parfums, au son des musiques,
Des harems sans fin, paradis physiques !
Aujourd’hui plus calme et non moins ardent,
Mais sachant la vie et qu’il faut qu’on plie,
J’ai dû refréner ma belle folie,
Sans me résigner par trop cependant.
Soit ! le grandiose échappe à ma dent,
Mais fi de l’aimable et fi de la lie !
Et je hais toujours la femme jolie !
La rime assonante et l’ami prudent.