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J. Prévert - Paroles - Rappelle-toi Barbara - Analyses...

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Rappelle-toi Barbara - Texte

Synthèse : Le poème «Barbara» de Jacques Prévert, né de l'immédiat après-guerre, s'érige en témoignage poétique de la perte et de la désillusion. L'évocation d'une rencontre amoureuse, baignée par la pluie incessante de Brest, se transforme en une méditation déchirante sur les ravages de la guerre. Le tutoiement, marque d'une tendresse universelle, lie le poète à Barbara et à tous ceux qui ont connu l'amour et la joie avant que la violence ne les emporte. La répétition du «Rappelle-toi Barbara» souligne l'importance du souvenir face à l'anéantissement, tandis que la métaphore de la «pluie de fer» et des «nuages qui crèvent comme des chiens» traduit l'horreur d'un monde irrémédiablement blessé. L'œuvre, par sa simplicité apparente, révèle une profonde réflexion sur la mémoire, l'amour et la fragilité de l'existence face à l'absurdité de la guerre.


Moment d'amour éphémère sous une pluie de feu : le poème « Barbara » de Jacques Prévert a été publié juste après la Seconde Guerre mondiale. Mis en musique par Joseph Kosma en 1947, il résonne toujours comme un cri contre la guerre.




Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.


   

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