SynthĂšse : Le prĂ©sent texte propose une analyse approfondie des « Filles du feu » de Nerval, interrogeant la structure et la cohĂ©rence dâun recueil composite. Lâauteur sâattache Ă dĂ©montrer que lâensemble forme un tout, les nouvelles menant Ă une aporie que les « ChimĂšres » rĂ©solvent. Les nouvelles, marquĂ©es par des narrateurs aux positions variĂ©es, illustrent lâimpossibilitĂ© de saisir lâaltĂ©ritĂ© du rĂ©el, le langage se rĂ©vĂ©lant impuissant Ă transcender lâimage de soi. Les nouvelles « impersonnelles » (Jenny, Ămilie) et celles impliquant le narrateur (Sylvie, Octavie) rĂ©vĂšlent les limites de lâĂ©criture face au hasard et Ă la subjectivitĂ©.
Lâanalyse met en lumiĂšre le rĂŽle central des « ChimĂšres », dont la forme poĂ©tique, face Ă lâĂ©chec des nouvelles, constitue une tentative de donner au langage le pouvoir de dire le monde. Les sonnets, notamment les six premiers, se caractĂ©risent par un hermĂ©tisme et une langue « natale » qui, libĂ©rĂ©e des contraintes rĂ©fĂ©rentielles, crĂ©e un monde de mots-objets. Lâauteur souligne ainsi la capacitĂ© de la poĂ©sie Ă dĂ©passer le dilemme de lâinsignifiance du rĂ©el ou de la folie de lâimaginaire, le poĂšte, par la maĂźtrise de la langue, rĂ©tablissant lâautonomie de la signification du monde. La cohĂ©rence du recueil rĂ©side alors dans cette transition de lâĂ©chec de la prose Ă la rĂ©ussite de la poĂ©sie, permettant au poĂšte de retrouver les « chimĂšres » de son enfance.
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