Tartuffe - Acte 1, sc. 1
Synthèse : L'analyse du premier acte de Tartuffe révèle une complexité formelle rarement soulignée, dès l'ouverture paradoxale où Mme Pernelle, incarnation d'une fausse vertu, s'évertue à quitter une scène pourtant promise à l'établissement des enjeux. Le monologue de la matriarche, loin d'être une simple exposition, constitue une véritable scène de portrait, anticipant les jeux de caractérisation propres à la comédie de mœurs et de caractère. Molière, par le biais d'une galerie de portraits au vitriol, met en place non seulement les oppositions familiales, mais également un dispositif dramaturgique sophistiqué : le spectateur se trouve d'emblée placé en position de juge, invité à jauger l'hypocrisie naissante. La scénographie, par son absence de didascalies, offre une liberté de jeu qui accentue le comique, qu'il soit verbal, gestuel ou situationnel. L'absence prégnante de Tartuffe, omniprésent par sa seule évocation, engendre une tension dramatique qui présage l'impact de sa future apparition. Enfin, l'étude de ce début de pièce met en lumière la subtilité de Molière, capable d'entremêler la farce et la réflexion critique, le rire et la dénonciation, préfigurant ainsi la richesse du comique théâtral.
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