Synthèse : Dans l’extrait du «Rêve de d’Alembert» analysé, Diderot, par la voix du médecin Bordeu, s’attaque aux fondements de la morale sexuelle traditionnelle. Le dialogue, vif et provocateur, met en scène une confrontation entre le matérialisme diderotien et les réticences de Melle de Lespinasse, incarnant la bienséance. Bordeu, usant d’un langage médical et hydraulique, déconstruit la notion de péché en présentant le corps comme une machine, où les pulsions sexuelles sont des nécessités physiologiques, justifiant ainsi les «actions solitaires». Cette approche, qui déculpabilise l’onanisme et promeut une morale de l’utilité et du plaisir, conduit à une critique acerbe de la continence et à une apologie du «vice» comme remède social. Diderot, par cette stratégie, révèle l’hypocrisie de la société, divisée entre une sphère privée où la vérité se dit et une sphère publique régie par les apparences. L’extrait, en légitimant implicitement l’homosexualité et en dissociant la sexualité de la reproduction, annonce les questionnements modernes sur la liberté des mœurs.
Contenu réservé aux abonnés
Le contenu principal de cette analyse est réservé aux abonnés. Pour y accéder, veuillez vous connecter ou souscrire à un abonnement.