Henry de Montfreid - Les Secrets de la mer rouge - présentation
À la fois témoignage, roman d’apprentissage et chronique des marges, il relate le parcours d’un homme qui, à trente-deux ans, quitte une existence terne à Djibouti pour embrasser le tumulte d’une vie vouée aux flots, aux trafics et aux mystères d’une époque trouble. Il faut saluer cette initiative qui redonne souffle à une œuvre fondatrice de la mythologie maritime française. Henri de Monfreid n’écrit pas pour plaire. Il raconte, confesse et partage sans fioritures l’étrange destinée qui a été la sienne. Son style, sans être littéraire au sens académique, s’anime d’une sincérité brute, presque féroce, d’où en découle toute la force. La mer Rouge, personnage à part entière, impose sa loi. Elle se révèle tour à tour amante, ennemie et confidente. Elle accueille tempêtes, chasses à l’homme, marchés interlopes et trahisons. Empreint d’une ambivalence permanente, le récit fait de l’auteur à la fois un hors-la-loi et un homme d’honneur, un contrebandier et un poète. Il se faufile dans des territoires où l’éthique vacille, sans toutefois verser dans le cynisme. Au contraire, une forme d’humanisme parcourt son écriture. Il observe, écoute et comprend. À ce titre, son regard, bien que forgé dans un contexte colonial, échappe souvent à l’ethnocentrisme ambiant. Il ne s’agit pas ici d’un Occidental qui décrit les indigènes, mais l’homme qui vit avec d’autres hommes, dans une fraternité de circonstance née de l’aventure partagée. Constat qui modifie grandement les rapports ! Certains se souviennent encore de la série télévisée adaptée de son ouvrage.