R. Obaldia - Les Innocentines - Chez moi - analyse

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CHEZ MOI

— Chez moi, dit la petite fille
On élÚve un éléphant.
Le dimanche son Ɠil brille
Quand papa le peint en blanc.

— Chez moi, dit le petit garçon
On élÚve une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

— Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or.
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

— Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupiĂšre
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

— Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mĂšre a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

— Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-pĂšre a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

— Chez moi, dit la petite fille
Il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois cĂŽtes.

— Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouille de suie.

— Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
Il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessĂ©.

— Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
Il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

— Iroquois ! dit la petite fille
Tu veux te moquer de moi !
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt !

— Ce que c’est d’ĂȘtre une fille !
Répond le petit garçon.
Tu es bĂȘte comme une anguille
BĂȘte comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais Ă  une telle quille
Je n’en dirai pas plus long !


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