Synthèse : Le roman "Rigodon" de Louis-Ferdinand Céline, ultime opus de sa trilogie allemande, plonge le lecteur dans la fuite désordonnée du narrateur à travers une Allemagne en déroute en 1945. À travers la scène de l'arrivée chaotique du train Berlin-Rostock dans une gare dévastée, Céline transforme une situation banale en une vision grotesque de saturation humaine et militaire. Par une écriture syncopée et sensorielle, l'auteur plonge le lecteur dans un chaos absolu où le train devient le symbole de l'effondrement d'un monde en guerre. Cette narration immersive, marquée par une oralité fiévreuse, traduit une urgence sensorielle et une attente anxieuse face à un ordre administratif dissous. Le train, décrit de manière monstrueuse et déshumanisée, évoque une masse organique surchargée, mêlant pitié, horreur et burlesque. Céline métamorphose ainsi l'arrivée du train en une scène cauchemardesque, où surcharge humaine, militarisation et rire absurde résument l'horreur de 1945, dans un réalisme halluciné propre au grotesque célinien.
Contenu réservé aux abonnés
Le contenu principal de cette analyse est réservé aux abonnés. Pour y accéder, veuillez vous connecter ou souscrire à un abonnement.