⇠ Jean Giono: Un Roi sans divertissement - Une chronique?

Jean Giono - Un Roi sans divertissement - extraits analysés

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Synthèse : À travers le témoignage lacunaire de Georges, Giono montre comment la violence commence par déshumaniser la victime et réduire la parole au bégaiement de l’oralité, avant de se déployer dans la scène des soues, où le corps du cochon devient le support d’un « langage barbare » que nul ne peut déchiffrer. La réaction de la communauté, oscillant entre incompréhension, écœurement et sentiment d’une menace directe, se cristallise dans la figure de Bergues, dont le passage du calme philosophique à la décision armée illustre la contagion du mal et la tentation d’y répondre par une violence symétrique. En filigrane, Giono reprend et déplace la pensée pascalienne du divertissement : privé de véritables divertissements, enfermé dans le vide des montagnes et l’ennui d’un monde clos, l’homme risque de chercher dans la cruauté et le meurtre un sinistre exutoire à ses « misères ». Le « roi sans divertissement » du titre n’est plus seulement un souverain abstrait, mais tout individu confronté à l’ennui et susceptible, pour s’en défendre, de se laisser fasciner par la violence ou d’en devenir l’agent.


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