⇠ Rimbaud - Recueil de Douai - Soleil et chair - analyses

Rimbaud - Recueil de Douai - Vénus anadyomène - analyses

     Page vue 110 fois, dont 7 fois ce mois-ci.

18 pages • Page 1 sur 18


Comme d'un cercueil vert en fer-blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe...

Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.


Le titre est une sardonique antiphrase, Rimbaud y manifestant son émancipation dans le sens d’un réalisme impitoyable, voulant inspirer un sentiment de répulsion. Le poème aurait sa source dans le poème intitulé ‘’Les antres malsains’’ du recueil ‘’Les vignes folles’’ de Glatigny, où il décrivit une fille de joie avec des détails analogues (cheveux « fortement pommadés », « calme idiot », rondeurs énormes, inscription au poinçon) destinés aussi à inspirer un sentiment de répulsion. Cette « poésie de la laideur » inaugurait une nouvelle manière dans la poésie de Rimbaud et annonçait ‘’Mes petites amoureuses’’.

   

Texte de Référence

Veuillez sélectionner un texte.