Barbare
Synthèse : «Barbare» de Rimbaud, poème en prose énigmatique et dense, est analysé ici comme un sommet de l’art rimbaldien, explorant les thèmes de l’intertextualité interne et de la poétique de l’énigme. L’étude se concentre sur la structure formelle du poème, notamment sa disposition en alinéas, ses reprises et parallélismes syntaxiques, ainsi que sa syntaxe nominale, qui contribuent à un rythme incantatoire. L’analyse de la structure logique révèle une allégorie complexe, mêlant cataclysme naturel et paysage polaire, tout en mettant en scène les impressions et commentaires d’un sujet énonciateur.
L’auteur examine la structure narrative, obscurcie par l’agrammaticalité du style, et souligne les difficultés d’interprétation, notamment en s’appuyant sur les travaux de Jean-Luc Steinmetz. L’interprétation de l’allégorie, en particulier le motif du «pavillon en viande saignante», est explorée à travers les références intertextuelles, notamment à Jules Verne et aux autres « Illuminations». L’étude propose une lecture du poème comme récit d’une rechute, où le sujet lyrique semble retomber dans les «vieilles fanfares» et les «vieilles flammes» du passé, malgré une apparente volonté de s’en affranchir.
L’analyse des quatre points névralgiques de l’articulation du récit, tels que le complément circonstanciel du premier alinéa, l’articulation entre les alinéas 3 et 4, la répétition-variation de l’alinéa 3 au septième alinéa, et la fin ouverte du poème, soutient cette interprétation. Enfin, l’étude questionne la nature ludique et synthétique de «Barbare», suggérant qu’il pourrait être un poème de clôture pour le recueil des «Illuminations», à l’instar des fins apocalyptiques chez Hugo et Leconte de Lisle, tout en soulignant la complexité de l’autoportrait rimbaldien.
Contenu réservé aux abonnés
Le contenu principal de cette analyse est réservé aux abonnés. Pour y accéder, veuillez vous connecter ou souscrire à un abonnement.