Synthèse : L’analyse de l’œuvre poétique de Léopold Sédar Senghor révèle une tension féconde entre l’expression d’une identité africaine profonde et l’emploi de la langue française, héritage colonial. Le poète, conscient de son métissage culturel, façonne une langue nouvelle, imprégnée des rythmes et des structures de l’Afrique. Le choix du verset, la nomination des choses, et le recours à l’image analogique, s’opposant à la métaphore occidentale, témoignent de cette volonté. Senghor opère également un métissage lexical, intégrant des mots africains, des termes archaïques et des expressions transposées, tout en privilégiant une syntaxe «nègre» basée sur la juxtaposition, l’ellipse et l’inversion. L’importance accordée au rythme, aux sonorités et aux jeux d’allitérations, confère à son écriture une dimension musicale, essentielle à l’expression de l’âme africaine. En somme, Senghor réalise, par son œuvre, un « afflux de sang noir » dans la langue française, lui insufflant une vitalité nouvelle.
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