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Bosquet - Sonnets pour une fin de siècle - Défense du poète

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Défense du poète

Synthèse : Alain Bosquet, poète contemporain éclectique, mêle tradition et originalité dans ses écrits, comme le montre son recueil "Sonnets pour une fin de siècle". À travers un sonnet atypique, il interroge le rôle du poète et la création poétique, utilisant une structure grammaticale inhabituelle et des questions rhétoriques. Chaque vers débute par un verbe à l'infinitif suivi d'un complément, mettant en avant l'action poétique et l'imaginaire. Les réponses négatives suggèrent une défense du poète contre les critiques. Bosquet affirme ainsi que la poésie n'est pas un isolement mais un engagement artistique. Son sonnet, à la fois classique et moderne, témoigne d'une conviction profonde face à ceux qui remettent en question la pertinence de la poésie dans le monde contemporain.

Alain Bosquet : (1919 - 1988) il appartient à la poésie contemporaine. C'est un auteur éclectique. Il écrit des anthologies (ensemble de ses poèmes préférés). Il est à la fois attaché à la tradition et à la forme mais aussi partisan d'une originalité, de liberté.

Alain Bosquet est un romancier essayiste, il le montre dans sa propre écriture dans des domaines divers. Le décrit le rapport entre l'auteur et l'oeuvre lors de l'invention (p 107).

Dans la préface de son recueil Sonnets pour une fin de siècle, Alain Bosquet explique qu'il a choisi la forme du sonnet pour mêler au " poids du siècle " " émerveillement, amour des étoiles, désir d'être ailleurs, capture d'un idéal, granit de l'angoisse ".

Une démonstration sous forme de SONNET.

Une définition sous forme de métaphore de la création poétique.

I> le poème est bâti sous forme de sonnet à l'aide d'une structure grammaticale récurrente.

C'est un sonnet classique : 2 quatrains en alexandrins - 2 tercés. Cependant ce sonnet présente des caractéristiques inhabituelles:

  • pas de rime

  • les vers ne commencent pas tous par une majuscule

  • le (?) et les (,) sont très employés

  • chaque phrase est interrogative _ procédé original sur le plan de la syntaxe.

  • enjambements entre les strophes

  • Plan du vocabulaire : 5 infinitifs suivis de compléments et d'une virgule puis d'un autre infinitif (sauf au vers 1)

  • emploi répété de la formule interrogative " est-ce ".[/list:u:37ap7wsd]

    Il y a donc un principe d'écriture qui consiste à rapprocher deux actions que l'auteur juge importantes. Le sonnet est bâti sur la reprise (cinq fois) d'une même construction qui consiste à poser une question autour d'une équivalence entre deux actions. Chacune des questions porte sur un acte associé à la création poétique. L'auteur nous propose son concept de l'art poétique.

    II> Le contenu de chaque début de phrase

    Chaque début de phrase informait ainsi :

    • verbe à l'infinitif (v.1 " Ecrire " ; v.3 " aligner " ; v.5 " dresser " ; v.7 " traiter " ; v.8 " oublier " ; v.9 " remplacer " ; v.11 " insulter " ; v.12 " aimer " ; v. 13 " être ") + terme renvoyant à l'écriture (COD).

    • le premier (v.1 " Ecrire un poème ") se rapporte à la création littéraire de façon explicite (travail du poète).

    • les quatre autres sont suivis de COD, termes renvoyant à l'écriture.

    • le second consiste à traduire que le poète délaisse le réel pour s'occuper de l'idéal (gramme d'Azur _ métaphore du vers 4).

    • le troisième (vers 7) est une image qui associe le poème au vol léger de la libellule avec une connotation au monde de La Fontaine.

    • le quatrième (v.9-10) élance une expression qui consisterait à mettre des mots, à inventer. " L'imaginaire " omniprésent.

    • la cinquième (v.12) expression qui consiste à s'interroger sur la couleur des voyelles (Rimbaud).[/list:u:37ap7wsd]

      On voit, dans les cinq expressions, le poète créateur, utilisateur du langage se servant des mots en les associant à la nature, il cherche à faire rêver. L'action poétique est présente en début de chaque vers.

      III> Le contenu de la fin de chaque phrase (après est-ce)

      Ces équivalents sont introduits sous forme d'infinitifs. Ils sont un peu plus développés. Ils comportent tous des termes à connotation négative, inquiétante, brutale et péjorative :

      • trahison, mort d'un innocent => violence, lâcheté, injustice

      • contre le monde, affolé, noire => refus, indifférence, inquiétude

      • le pain qui manque à l'homme => égoïsme, indifférence, pas de considération, absence d'altruisme.

      • insulter => manque de respect

      • saccage, dédaigneux => le mépris de l'amour[/list:u:37ap7wsd]

        Les cinq questions amènent à s'interroger sur le rôle du poète, son utilité, et sa démarche. Si la réponse à cette question est oui, le poète est mis au banc des accusés, mais c'est le contraire qu'Alain Bosquet veut dire => cette question rhétorique auquel le lecteur est amenée à répondre " non ".

        IV> Le sens du titre, la signification du sonnet

        Le poème est bâti sur une quintuple juxtaposition d'énoncés qui donne un rythme binaire. Il semble évident que le simple fait de poser la question amène une réponse négative donc pour Alain bosquet, être poète ne signifie pas se désintéresser du monde. " Etre poète, ne consiste pas à oublier les autres, et, donc être lâche ". La poésie n'est pas un " isolement ".

        Le poète en choisissant la forme interrogative montre que les reproches ne le concernaient pas d'où : défense du poète.

        La forme du sonnet met en valeur cette défense : c'est une forme fixe, traditionnelle, représentant bien la poésie. Il transmet à travers son poème un message double : une défense de l'écriture poétique et se défend en montrant son engagement en tant qu'artiste.

        _ Le choix d'écriture caractérise le poète : il répond à une attaque.

        Conclusion :

        Le rythme du sonnet est cependant quelque peu bouleversé en raison de la structure choisie. Il règne une impression de liberté tout en étant dans une ligne poétique classique. C'est un sonnet bien approprié, moderne. C'est une prise de position métaphorique mais engagée, affirmée contre ceux qui considèrent qu'en cette fin de siècle (XX), la poésie est dépassée, inadaptée au monde contemporain, et n'a plus lieu d'être. _ Une grande conviction.

        Source: http://djoman.com/fichiers/fr/[seq5-txt19]-Bosquet-Defense_du_poete.doc


   

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