Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe - résumé ⇢

Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe - Présentation

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Présentation

Synthèse : Chateaubriand se dévoile dans ses "Mémoires d'Outre-Tombe", mêlant récit autobiographique et historique avec une plume lyrique et épique. Il explore sa jeunesse pittoresque, ses voyages en Amérique, sa carrière littéraire et politique, ses succès et ses revers. À travers ses souvenirs, il cherche l'immortalité par sa gloire et érige le temple de la mort à la clarté de ses souvenirs. Entre gloire et misère, solitude et entourage, il se pose en témoin d'une époque en transition, offrant un récit polyphonique mêlant réflexions politiques, envolées poétiques et références culturelles. Une œuvre magistrale qui captive par la richesse de son contenu et la profondeur de sa réflexion.

Chateaubriand prend la pose pour l'histoire, et justifie ses multiples succès et déboires. C'est donc souvent ce qu'il aurait voulu faire, plutôt que ce qu'il a fait
Récit autobiographique et historique, dont Chateaubriand voulait faire un témoignage posthume, commencé en 1803, rédigé principalement de 1811 à 1822, et achevé de 1830 à 1841, il retrace les épisodes principaux de son existence aventureuse, des landes bretonnes aux forêts du nouveau monde, de l'armée des princes en Allemagne à l'exil en Angleterre. Chateaubriand livre les secrets de son inexplicable c?ur, se présentant comme le véritable René, révélant l'origine des sentiments qu'il avait prêtés aux êtres imaginaires de sa création et expliquant comment peu à peu ces personnages furent tirés de ses songes. Chateaubriand transforme les Mémoires en un discours funèbre appelé à enregistrer de façon privilégiée les changements survenus dans l'histoire : disparition des hommes et des paysages, des croyances, des m?urs et des institutions. Complaisamment, Chateaubriand visite les cimetières, compte les morts et raconte les agonies, élevant ainsi le temple de la mort à la clarté de ses souvenirs, comme il se l'était promis.
Il s'agit aussi d'un poème lyrique dont les sources d'inspiration sont nombreuses : la nature, la mer en particulier, l'amour, la jeunesse. Un double thème domine, la poésie du souvenir et de la mort. L'immortalité promise par la foi chrétienne ne lui suffit pas : il veut être immortel par sa gloire, dans la mémoire des hommes.
C'est également un poème épique car si Chateaubriand n'aime pas Napoléon, il l'admire car il a le sens de la grandeur. Retomber de Bonaparte et de l'empire à ce qui a suivi, c'est tomber de la réalité dans le néant.
Les Mémoires d'Outre-Tombe sont divisés en quatre parties. La première,  " La jeunesse ", va de 1768 à 1800. C'est de loin la meilleure, la plus pittoresque et la plus émouvante. Chateaubriand nous y trace, en tableaux inoubliables, les étapes de sa jeunesse : la naissance (" le mugissement des vagues étouffa mon premier cri, le bruit de la tempête berça mon premier sommeil ") ; les sinistres soirées de Combourg, son isolement dans son donjon, ses promenades mélancoliques, son affection pour sa soeur Lucile.
Puis il est lieutenant à Paris, il est présenté à la cour, fréquente les gloires littéraires, se risque à publier un petit poème, une médiocre idylle, Amour de la campagne. Il assiste ensuite aux débuts de la Révolution et, par un de ces coups de tête soudains, qui lui avaient déjà fait envisager le sacerdoce puis le suicide, il se découvre explorateur. Il se proposait à la fois de trouver en Amérique le fameux passage du Nord-Ouest et d'y rencontrer  " l'homme de la nature ". Il ne découvrit pas l'un, mais crut avoir trouvé l'autre ; la véritable révélation de ce voyage, ce fut la splendeur des paysages américains, dont l'évocation nous vaut des pages d'une grande beauté poétique.
Puis c'est le retour à Paris, son mariage, les deuils familiaux, son passage à l'armée des Princes, enfin le séjour à Londres et la misère. C'est là cependant qu'il commence à écrire ses premières oeuvres : l'Essai historique, politique et moral sur les révolutions et Atala.
La seconde partie est consacrée à  " La carrière littéraire", 1800-1814. Les passages les plus justement fameux sont ceux qu'il consacre aux portraits de ses amis, Joubert, Fontanes, Pauline de Beaumont, son entrevue avec Bonaparte dont il aime à montrer qu'il le traitait de puissance à puissance, sa rupture retentissante avec lui à la suite de l'assassinat du duc d'Enghien, ses années laborieuses à la Vallée-aux-Loups, ses voyages. La véritable histoire de Chateaubriand, à cette époque, est celle de ses livres : dès Atala et le Génie du Christianisme, il est célèbre et sa gloire ne cesse de grandir.
Avec la troisième partie, qui coïncide avec le retour des Bourbons,  " La carrière politique ", 1814-1830, commence. Chateaubriand se lance immédiatement dans l'arène avec son pamphlet De Buonaparte et des Bourbons, qui, dit-il,  " a plus profité à Louis XVIII qu'une armée de cent mille hommes " ; mais il passe bientôt dans l'opposition avec son écrit la Monarchie selon la Charte. Sa véritable carrière politique est brève, elle ne dure que six ans : il est successivement ambassadeur à Berlin, ambassadeur à Londres, représentant de la France au Congrès de Vérone, enfin ministre des Affaires étrangères. En lisant les Mémoires, on a l'impression qu'il fit trembler l'Europe et que son ministère dura fort longtemps ; en fait, il n'occupe ce poste que deux ans.
En 1823, il reparaît sur la scène politique et devient ambassadeur à Londres (ici se place le parallèle entre le pauvre émigré de 1800 et le glorieux ambassadeur de sa Majesté très chrétienne, où Chateaubriand fait preuve de la vanité la plus puérile). La Révolution de 1830 met définitivement un terme à ces activités. Cette date marque également le ralentissement de sa production littéraire. Chateaubriand n'a plus grand-chose à dire, il ne publie plus de grandes ?uvres, il ne s'occupe que de les rassembler pour éditer ses ?uvres complètes. Fidèle à Charles X, il va voir le roi exilé, se compromet en se chargeant de missions que lui confie la duchesse de Berry, prisonnière du gouvernement de Louis-Philippe, ce qui lui vaut d'être mis en prison. Il voyage encore en Suisse et en Italie. mais c'est la vieillesse pour lui, parfois même la gêne, malgré l'admiration dont on l'encense. Il se donne entièrement à l'achèvement de ses Mémoires et en donne lecture à l'Abbaye-aux-Bois, chez madame Récamier.
Les Mémoires s'achèvent sur une récapitulation de sa vie, où il se plaît à souligner les contrastes : la gloire et la misère, la foule qui l'entoure et la solitude, la place qu'il a occupée dans le monde et dans le temps :  " Je me suis rencontré entre deux siècles comme au confluent de deux fleuves ",  " On dirait que l'ancien monde finit et que le nouveau commence ". Partout il a promené cette âme mélancolique et insatisfaite, à qui les honneurs étaient nécessaires, mais incapable de s'en contenter, cette âme, qui était, comme il le dit lui-même,  " de celle qu'un philosophe ancien appelait une maladie sacrée ".
Éparpillant l'unité de l'?uvre, le mémorialiste intègre à sa trame des billets, des lettres, des articles, des extraits tirés de ses journaux de voyage (ceux de 1833 du moins) : descriptions, rêveries, envolées poétiques se trouvent ainsi mêlées aux reflexions politiques... On a même pu parler de texte " polyphonique " à propos de ces Mémoires, car l'abondance des citations et des références à la culture occidentale font de leur auteur comme le porte-parole de la tradition littéraire.

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