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Le conte

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Synthèse : Le conte, proche de la fable, est un récit merveilleux issu de la tradition orale et populaire, riche en symboles à décrypter. Structuré de manière similaire à la fable, il présente des personnages évoluant dans un cadre merveilleux et intemporel, avec des variantes telles que le conte traditionnel, le conte philosophique, le conte fantastique et le conte gothique. Des auteurs renommés comme Charles Perrault, les frères Grimm, Hans Christian Andersen ou encore W.B. Yeats ont contribué à sa popularité en Europe. Le conte philosophique soulève des réflexions critiques à travers le merveilleux, tandis que le conte fantastique intègre le surnaturel dans le quotidien, avec des maîtres du genre tels que Hoffmann et Le Fanu. En parallèle, le conte gothique s'inspire de l'univers sombre des châteaux anglais du XVIIIe siècle, avec des auteurs comme Karen Blixen.

Proche de la fable, le conte vient d’une tradition orale et populaire. Le conte se définit comme un récit merveilleux et très souvent extraordinaire. Il fait preuve d’une grande simplicité dans le récit mais s’avère être riche de symboles qui sont à décrypter. Tout comme la fable, le conte est construit selon le même schéma : état initial, élément perturbateur, déséquilibre et état final. De plus, la schématisation des personnages rappelle aussi ceux présentés dans les fables. Ils évoluent dans un contexte merveilleux et s’inscrivent dans une temporalité mal définie, même si la plupart d’entre eux se situent dans un contexte médiéval. Cependant, le conte connaît quelques variantes : le conte traditionnel ou le conte merveilleux, le conte philosophique, le conte fantastique et le conte gothique.

Le conte traditionnel est certainement le plus connu de tous. Au départ il s’agit d’une histoire racontée oralement où la magie, les fées, les sorcières et les hommes sont mis en relation, où les animaux sont dotés de parole et dialoguent avec les humains qui, comme les objets, peuvent se métamorphoser. Par ailleurs, appelés aussi conte de fées, ces récits mettent en scène ces femmes dotées d’un pouvoir magique, tantôt bénéfique, tantôt maléfique. Elles endossent alors un rôle particulier, elles incarnent une conscience morale, un jugement divin qui met à l’épreuve le libre arbitre des personnages, récompensés ou punis selon leurs actions vertueuses ou mauvaises.
Le succès des contes n’est pas un phénomène essentiellement occidental. Les contes orientaux et notamment Les Mille et Une Nuits ont considérablement influencé ce genre.

En Europe, le conte merveilleux connaît un regain d’intérêt. Ces récits anonymes sont rassemblés dès le XVIIe siècle par le français Charles Perrault (1628-1703). Au XIXe siècle ces contes sont repris en Allemagne par les frères Grimm puis et au Danemark par Hans Christian Andersen (1805-1875), le père de La Petite Sirène. En Italie, Carlo Collodi (1826-1890), le créateur de Pinocchio, reprend les contes de Perrault en italien. En Irlande, c’est sous la plume de W.B. Yeats (1865-1939) que les contes irlandais, publiés en 1897, connaissent un succès considérable. Le Russe Alexandre Afanassiev (1826-1871), grand admirateur de Grimm, réunit à son
tour des récits de tradition populaire russe qu’il publie entre 1855 et 1863 sous le titre de Contes populaires russes.

Le conte philosophique emprunte, dans la forme, les caractéristiques du genre traditionnel. A travers le merveilleux qu’il met en scène, il soulève une réflexion critique. Dans la veine de l’esprit du XVIIIe siècle, le conte sert à remettre en cause les institutions, de critiquer la tradition et de dénoncer les abus.

Le conte fantastique connaît un essor considérable au XIXe siècle où les termes « conte » et « nouvelle » sont souvent indissociables.
Le terme « conte » se justifie par l’intrusion du surnaturel dans le quotidien, mais aussi par la présence d’un personnage narrateur qui relate les événements dont il a été lui-même le témoin. C’est donc à la première personne qu’est le plus souvent mené le récit, qui suit une évolution proche du conte traditionnel.
Dès la fin du XVIIIe siècle, l’Allemand Ernst Th. Amadeus Hoffmann (1776-1822) offre un modèle de conte fantastique. En Irlande, l’auteur Le Fanu (1814-1873) apparaît lui aussi comme un maître du genre notamment avec sa nouvelle Carmilla.

Charles Dickens (1812-1870) participe aussi à cette littérature, plus précisément avec ses Contes de Noël. L’intérêt porté au conte fantastique se poursuit au XXe siècle avec des auteurs tels que Mikhaïl Boulgakov (1891-1940) en Russie et son célèbre conte intitulé les Œufs fatals, que l’on pourrait qualifier de conte philosophique. Et enfin l’Italien Tommaso Landolfi (1908-1979) et sa surprenante nouvelle fantastique La Femme de Gogol.

Le conte gothique trouve sa place aux côtés du conte fantastique. Il s’inspire de la production littéraire, essentiellement romanesque, de la fin du XVIIIe siècle anglais à qui il emprunte l’univers sombre des châteaux éloignés et le thème du fantôme qui hante les lieux. Dans les années trente, Karen Blixen s’en inspire et compose en anglais Sept Contes gothiques, qu’elle publie en 1934 sous le pseudonyme masculin de Isak Dinesen. L’année suivante ses contes sont traduits en danois sous le titre de Contes fantastiques.



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