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Nerval - Les Chimères - El Desdichado - analyses

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Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus ? ... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron ;
Modulant tout à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.



Gérard de Nerval, Les Chimères (1854)

Notes:

« desdichado » : mot espagnol dérivé de « dicha » (bonheur), signifie « malheureux ». Dans le cas du poème de Nerval = « le Déshérité ».

- Mélancolie : Le M majuscule tend à penser que c’est une référence à un tableau de Dürer

- Le Pausilippe : En italien Posillipo = Colline de Naples

- Pampre : Rameau de vigne

- Phébus ou Phoebus : Nom grec latinisé d’Apollon

- Lusignan : Seigneur du Poitou qui fut aimé de la fée Mélusine, et dont les descendants devinrent rois de Chypre

- Biron : Compagnon d’armes de Henri IV, mort décapité, que Nerval se figure comme le héros d’une histoire d’amour

- La Grotte : C’est la grotte des sirènes, à Tivoli, en Italie

- L’Acheron : Fleuve des enfers


   

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