Synthèse : La présente analyse interroge la réception de Charles Perrault à l’aune de la catégorie esthétique du Sublime, telle qu’elle s’est constituée et transformée au cours des siècles. L’auteur rappelle l’importance de cette notion dans la Querelle des Anciens et des Modernes, opposant notamment Boileau, traducteur du «Traité du sublime» du pseudo-Longin, à Perrault. Ce dernier, fervent défenseur du Beau, s’inscrit en opposition frontale avec la conception boileauienne du Sublime, définie comme un «ravissement de l’âme» et une «force invincible». Perrault, partisan de la raison, de la symétrie et de la domestication de la nature, rejette les «gouffres béants» et les «saisissements» que provoque le Sublime. L’étude met en lumière l’incompatibilité des esthétiques de Perrault et de Gustave Doré, dont les illustrations des contes perraldiens, empreintes de fantastique et de disproportion, trahissent les intentions de l’auteur. Ainsi, l’article invite à une lecture attentive, soulignant le risque d’anachronisme et la nécessité de replacer Perrault dans le contexte du classicisme versaillais, loin des influences préromantiques et gothiques.
Contenu réservé aux abonnés
Le contenu principal de cette analyse est réservé aux abonnés. Pour y accéder, veuillez vous connecter ou souscrire à un abonnement.