Synthèse : Racine, tout en héritant des conventions cornéliennes, opère une refonte radicale de la tragédie. Il s’éloigne des intrigues complexes et des effets spectaculaires au profit d’une «action simple, chargée de peu de matière», centrée sur l’expression des sentiments et des passions. Cette orientation vers la «vraisemblance» et le «naturel» se traduit par une simplification de l’intrigue, qui devient un prétexte pour explorer les tourments intérieurs des personnages, à la manière de Molière. Contrairement à Corneille, Racine privilégie la «tragédie de passion», où les caractères sont saisis dans une crise aiguë, rendant les unités de temps, de lieu et d’action non plus comme des contraintes, mais comme des outils au service de cette concentration dramatique. Ainsi, l’œuvre racinienne, loin de se réduire à des «effusions lyriques», se révèle être une suite rigoureuse de coups de théâtre, où chaque émotion est évaluée en termes d’énergie et d’action.
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