Synthèse : Racine, contrairement à Corneille, puise dans l’histoire une source d’inspiration poétique, et non un simple garant de l’authenticité des faits. La tragédie racinienne, bien que potentiellement affranchie de l’histoire en raison de sa proximité avec la vie courante, trouve dans le sujet historique un moyen d’élever ses personnages, manquant autrement de prestige. Racine, en quête de visions poétiques, privilégie les sujets imprégnés de la résonance du temps, s’inspirant des poètes grecs, des historiens-poètes tels que Tacite et Plutarque, ou encore des textes sacrés.
Il s’attache à restituer l’originalité profonde de chaque légende et civilisation, conférant à ses héros une dimension individuelle supérieure à celle des personnages cornéliens. L’auteur s’attache à la poésie accumulée au fil des siècles autour de ses personnages, comme en témoignent les vers de «Phèdre», ou encore la puissance des figures bibliques d’«Esther» et d’«Athalie». Racine, par son approche, démontre une audace artistique qui transcende la simple représentation, pour atteindre une dimension prophétique et visionnaire.
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