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Hugo - Les Contemplations - I, 21 - Elle était déchaussée...

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Elle était déchaussée, elle était décoiffée,

Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;

Moi qui passais par là, je crus voir une fée,

Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

Elle me regarda de ce regard suprême

Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,

Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,

Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;

Elle me regarda pour la seconde fois,

Et la belle folâtre alors devint pensive.

Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

Comme l'eau caressait doucement le rivage !

Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,

La belle fille heureuse, effarée et sauvage,

Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.



Ce poème extrait du livre premier des "Contemplations" évoque une rencontre amoureuse. Si l'on en croit la date tronquée signalée au bas du poème, ce texte date des années 1830. Mais nous savons par les manuscrits qu'il a été composé en 1853, à Jersey. Pourquoi cette datation ? Soit le poème relate un souvenir des années 1830, soit il relate une expérience plus récente et l'auteur en a maquillé volontairement la date, soit encore il s'agit d'une histoire plus ou moins inventée trouvant naturellement sa place dans le livre premier.


   

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