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Beckett - En attendant Godot - Le tragique

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Synthèse : Le tragique, loin de disparaître, s'est profondément transformé du XIXe au XXe siècle, s'adaptant aux révolutions politiques et esthétiques. Samuel Beckett s'inscrit dans ce courant, mais son théâtre du "nouveau théâtre" rompt radicalement avec les formes traditionnelles et même avec celles de ses contemporains comme Ionesco. Le tragique chez Beckett n'est pas celui de l'action frénétique ou des événements spectaculaires, mais celui de la lenteur, de l'immobilité, et d'un vide existentiel oppressant. L'unité d'action devient une unité d'inaction, représentant un état – celui de la condition humaine – plutôt qu'une tension dramatique. Ce tragique ne naît pas de l'irruption du mal ou de la mort, mais de la vie elle-même en tant que malédiction, de l'obligation de poursuivre une existence vaine. Loin des héros nobles, ses personnages affichent égoïsme, apathie et ne connaissent pas les passions idéalisées. Ce nihilisme burlesque est mis en scène sur le mode comique, mêlant le grotesque et le sublime, et dépeignant un univers de laideur et de délabrement physique. Le langage lui-même se désagrège, fait de lambeaux de phrases et de silences, mais sert aussi un humour particulier, une « politesse du désespoir » face à l'absurdité. Malgré ce pessimisme, l'écriture fut pour Beckett une voie de salut, une façon de donner forme à son chaos intérieur et à son mal de vivre, faisant de son œuvre une catharsis unique


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