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Aragon - Le Roman inachevé - Il n'aurait fallu - analyses

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Aragon - Le Roman inachevé - Il n'aurait fallu - analyse

Synthèse : Une rencontre inattendue, une main nue qui prend la sienne et redonne vie aux jours ternis, ramenant les couleurs perdues à l'existence. Deux bras suffisent à transformer la colère en un souffle léger, à tisser un collier d'air autour de sa vie frémissante. Un geste, un front qui s'appuie, des yeux ouverts dans la nuit, et soudain tout devient un tendre jardin où renaît un cœur défunt, enveloppé du parfum de la verveine et de l'ombre douce. Louis Aragon, dans "Le Roman Inachevé" (1956), nous plonge dans un univers où la simplicité des gestes et la douceur des rencontres transforment la réalité en un champ de blé vibrant de vie.

Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdues
Aux jours aux semaines
Sa réalité
A l'immensité
Des choses humaines

Moi qui frémissais
Toujours je ne sais
De quelle colère
Deux bras ont suffi
Pour faire à ma vie
Un grand collier d'air

Rien qu'un mouvement
Ce geste en dormant
Léger qui me frôle
Un souffle posé
Moins une rosée
Contre mon épaule

Un front qui s'appuie
A moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m'a semblé
Comme un champ de blé
Dans cet univers

Un tendre jardin
Dans l'herbe où soudain
La verveine pousse
Et mon cœur défunt
Renaît au parfum
Qui fait l'ombre douce


Louis Aragon : Le Roman Inachevé (1956)

   

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