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Le récit

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Synthèse : Le texte propose une définition du récit, l'appréhendant comme une succession d'états et de transformations, structurée par une logique de causalité et aboutissant à une résolution. S'appuyant sur la définition de Greimas et Courtés, il souligne la fonction du «faire» dans la production du sens narratif. L'auteur énonce les conditions nécessaires à l'existence d'un récit, notamment la succession temporelle, l'unité thématique et la transformation des personnages, tout en distinguant le récit de la simple chronique. Il met en évidence la dimension intentionnelle du récit, qui transcende la simple restitution de l'histoire pour lui conférer un «sens» et une fonction symbolique, visant à communiquer un message et à susciter des émotions. Enfin, le texte évoque le projet dramatique comme une «mise en sens» de l'histoire, explorant les thèmes universels qui sous-tendent les intrigues narratives.

Définitions

Un récit rapporte une succession d'événements et d'actes vécus dans le temps et l'espace par des personnes qui sont en relation de cause à effet.

Tous ces événements, actes successifs sont reliées et composent une même action de laquelle se dégage un rapport de causalité.

«Le passage d'un état antérieur à un état ultérieur à l'aide d'un faire».
(Greimas et Courtés 1979 : 307)

D'après cette définition, le récit est considéré comme une succession d'états qui relèvent de l'être et de transformations qui relèvent du faire responsables de la production du sens.

L'enchaînement de ces états et de ces transformations constituent la composante narrative ou le programme narratif.

Le récit implique que des problèmes ou des conflits surgissent dans le cours des événements qui vont aboutir à une situation finale où ceux-ci seront résolus où au moins reformulés.

Alors que l'Histoire est multiforme et infinie, le récit est unifié et délimité :

Le récit comporte un début (la situation conflictuelle initiale), un milieu (le développement de la tension dramatique) et une résolution (la situation finale).

Conditions pour qu'il y ait récit

Il faut qu'il y ait une succession d'événements dans le temps : au minimum deux périodes.

Il faut qu'il y ait une unité de thème, le plus souvent assurée par le(s) personnage(s) principal(aux).

Il faut que ce(s) personnage(s) subisse(nt) des transformations.

Il faut qu'il y ait unité de l'action, sinon, on a plusieurs récits.

Il ne faut pas que l'on assiste à une simple succession chronologique d'événements — comme dans la chronique ou le journal intime, qui ne sont pas des récits, au sens strict : au-delà de la succession temporelle, il existe une logique de l'histoire, une "causalité narrative".

Tout récit comporte une sorte de "morale", que celle-ci soit exprimée ou sous-entendue. On ne raconte pas "pour rien": même les faits divers de journaux ont certaines finalités — inciter à la prudence, exploiter le goût des lecteurs pour le sensationnel, amuser... Fonction symbolique donc.
Ces critères sont énoncés dans l'ouvrage de Jean-Michel Adam, Le récit, Collection "Que sais-je?" N°2149.

Le projet dramatique

Le récit n'est pas la restitution, mais une interprétation de l'histoire.

Le récit implique une intentionnalité qui done un « sens » à l'histoire : le thème abstrait ou concret, le sujet.

L'idée de départ d'une fiction peut-être un thème (souvent une dualité) ou la motivation du principe évoluant (souvent un héros avec un objectif).

Le récit a pour but de communiquer un « message », de susciter des émotions (horreur et pitié, Poétique), de divertir.

Le projet dramatique est une « mise en sens » de l'histoire, une construction.

Les universaux derrière des intrigues-types considérés comme archétypales tournent autour de la mort, du danger, du pouvoir, de la religion, du sexe, de l’argent.

L’amour et la reproduction sont exemplaires à ce propos.

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