Synthèse : Dans cette scène finale, Marguerite, figure de psychopompe, guide Bérenger vers la mort, orchestrant un rituel de déconstruction du moi. L’œuvre théâtrale met en scène un dépouillement progressif, où le Roi est dépouillé de ses sens, de ses émotions et de son corps, jusqu’à l’arrêt des fonctions vitales. Le langage, performatif, devient une force magique, effaçant le réel par la parole et réduisant Bérenger à une marionnette, puis à une statue. Ionesco, par une mise en scène d’une grande théâtralité, transforme le plateau en espace mental, l’ascension du trône en chemin vers la mort, et le rideau final en symbole de l’anéantissement. Au-delà de la royauté, c’est la condition humaine face à l’absurdité de l’existence qui est disséquée, la mort étant présentée comme un processus méthodique et glacial, inspiré par le Bardo Thödol, transformant l’angoisse en un rituel théâtral d’une beauté froide.
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