Synthèse : Dans "Fin de partie" de Beckett, le silence occupe une place centrale et devient un actant dramatique à part entière. Il envahit l'espace scénique, marquant des pauses nombreuses et rythmant les répliques des personnages. Ce silence omniprésent est associé à une débâcle du langage, où les mots s'épuisent et les dialogues se fragmentent, laissant place à des monologues. Progressivement, le silence devient l'aboutissement logique de cette dégradation linguistique, préfigurant la mort et le néant. Beckett explore ainsi l'incommunicabilité entre les personnages, soulignant leur profonde solitude ontologique. Le silence devient alors le reflet d'un univers muet, où même Dieu semble absent. Cette thématique du silence, préfiguration de la mort, est au cœur de l'œuvre de Beckett, qui tend vers des textes de plus en plus brefs et silencieux, cherchant à dépasser les limites du langage.
Contenu réservé aux abonnés
Le contenu principal de cette analyse est réservé aux abonnés. Pour y accéder, veuillez vous connecter ou souscrire à un abonnement.