Synthèse : L'étude des préfaces et dédicaces des contes de Perrault révèle une évolution significative de sa conception du genre, oscillant entre affirmation de l'absurdité du conte et justification par l'évocation d'un destinataire enfant. De la dédicace des «Souhaits Ridicules» à celle des «Histoires ou Contes du Temps Passé», on observe un glissement progressif : initialement défini par opposition à la raison, le conte se voit progressivement justifié par son potentiel moral, puis par sa fonction symbolique. La «Querelle des Anciens et des Modernes» semble avoir influencé cette évolution, Perrault cherchant à concilier l'apparente absurdité des contes avec la raison, notamment en les adressant à un public enfantin.
L'analyse met en lumière le rôle central du «divertissement», compris comme un «détournement» de la raison, ouvrant la voie à l'exploration d'un univers féérique régi par des chemins sinueux et des itinéraires labyrinthiques. L'auteur souligne que l'accès à cet univers, comme le suggèrent les errances des héros, passe par une acceptation de l'«abaissement» de la raison, invitant le lecteur adulte à retrouver l'innocence et l'absence de connaissances de l'enfant. L'étude suggère ainsi que la compréhension des contes de Perrault nécessite une exploration de leur «géographie» particulière, où le labyrinthe remplace la ligne droite de la raison.
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