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Le paradis selon Voltaire et Rousseau

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Synthèse : L'antithèse formulée par Voltaire («Le paradis terrestre est où je suis») et Rousseau («Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d'être habité») révèle une divergence métaphysique et morale profonde. Voltaire, pragmatique et mesuré, privilégie l'amélioration du présent et le progrès social, tandis que Rousseau, nostalgique et critique, se réfugie dans la rêverie et la vertu, condamnant les excès d'une civilisation perçue comme corrompue. Cette opposition se manifeste également sur le plan politique, Voltaire célébrant le bonheur dans la civilisation, Rousseau se tournant vers le mythe et la critique du présent. Enfin, elle engendre des morales radicalement opposées, l'une pragmatique et matérialiste, l'autre austère et attachée à l'innocence. Cette fracture, qui invite à une prise de position personnelle, illustre, selon Goethe, la fin d'un monde et l'avènement d'un nouveau.


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