Baudelaire - Les Fleurs du mal: La Mort des amants: analyses
Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux les plus beaux.
Des divans profonds comme des tombeaux…
Nos deux cœurs seront de vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.
Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;
Et plus tard, un ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes