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Ronsard - Hymnes - Hymne de la mort - analyse

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Ronsard - Hymne de la mort - analyse

Synthèse : Hymne de la mort de Pierre de Ronsard La poésie célèbre la puissance de la Mort, force omniprésente qui transforme et renouvelle le monde. Le poète souligne l'éphémère de l'existence terrestre, comparant le temps à un flux incessant où le présent cède toujours au futur. La métamorphose, principe fondamental de la nature, est décrite comme un cycle perpétuel de vie et de mort, orchestré par Vénus pour assurer la continuité de la matière. Contrastant avec cette dynamique, l'âme immortelle demeure immuable, aspirant à la cité céleste. Le poète adresse alors une prière à la Mort, la qualifiant de «médecin et confort» face aux souffrances, et lui demande une mort prompte, soit au service de Dieu, soit au service du prince, sur le champ de bataille.

Que ta puissance, ô Mort, est grande et admirable!
Rien au monde par toi ne se dit perdurable,
Mais, tout ainsi que l'onde à val des ruisseaux fuit
Le pressant coulement de l'autre qui la suit,
Ainsi le temps se coule, et le présent fait place
Au futur importun qui les talons lui trace.
Ce qui fut, se refait; tout coule, comme une eau,
Et rien dessous le Ciel ne se voit de nouveau,
Mais la forme se change en une autre nouvelle,
Et ce changement-là, Vivre, au monde s'appelle,
Et mourir, quand la forme en une autre s'en va,
Ainsi, avec Vénus, la Nature trouva
Moyen de ranimer, par longs et divers changes,
La matière restant, tout cela que tu manges;
Mais notre âme immortelle est toujours en un lieu,
Au change non sujette, assise auprès de Dieu,
Citoyenne à jamais de la ville éthérée,
Qu'elle avait si longtemps en ce corps désirée.

Je te salue, heureuse et profitable Mort,
Des extrêmes douleurs médecin et confort.
Quand mon heure viendra, Déesse, je te prie,
Ne me laisse longtemps languir en maladie,
Tourmenté dans un lit; mais puisqu'il faut mourir,
Donne-moi que soudain je te puisse encourir, Prince,
Ou pour l'honneur de Dieu, ou pour servir mon
Navré d'une grande plaie au bord de ma province.


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