Qu'heureux tu es (Baif) heureux et plus qu'heureux,
De ne suivre abusé ceste aveugle Deesse,
Qui d'un tour inconstant et nous haulse et nous baisse,
Mais cest aveugle enfant qui nous fait amoureux !
Tu n'esprouves (Baif) d'un maistre rigoureux,
Le severe sourcy: mais la doulce rudesse
D'une belle, courtoise, et gentile maistresse,
Qui fait languir ton coeur doulcement langoureux.
Moy chetif ce pendant loing des yeux de mon Prince,
Je vieillis malheureux en estrange province,
Fuyant la pauvreté: mais las ne fuyant pas
Les regrets, les ennuys, le travail, et la peine,
Le tardif repentir d'une esperance vaine,
Et l'importun souci, qui me suit pas à pas.
Du Bellay - Les Regrets - Sonnet 24 - Qu'heureux tu es (Baïf)... - analyse
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