Synthèse : Solal, sous-secrétaire général à la Société des Nations, tombe amoureux d'Ariane Deume, mariée à un modeste fonctionnaire. Malgré son déguisement en vieux juif, il déclare son amour à Ariane qui le repousse violemment. Après divers rebondissements, Solal parvient à la séduire et les amants vivent une passion intense, marquée par l'enlèvement d'Ariane et la fuite en Italie. Cependant, leur amour s'effrite progressivement, notamment lorsque Solal perd son poste et sa nationalité française pour avoir aidé des juifs allemands. La relation tourne à l'ennui et à la décadence, menant les amants à décider d'un double suicide pour sauver leur amour passé.
Première partie
Genève, « Sous le soleil de midi», 1er mai 1935. «Déguisé en vieux juif», «pauvre et laid», édenté, Solal, «quatorzième des Solal» de Céphalonie, prestigieux sous-secrétaire général de la Société des Nations, prince de beauté mais qui se qualifie de «sous-bouffon général», s’introduit chez Ariane Deume dont il est tombé amoureux à sa simple vision lors d’une réception officielle. C’est une jeune aristocrate protestante, de son nom de jeune fille Ariane d'Auble, qui, parce qu’il l’avait sauvée d'une tentative de suicide, a épousé le petit-bourgeois Adrien Deume, modeste fonctionnaire à la S.D.N., subordonné de Solal, mais a été vite lassée par la vie terne et routinière qu’il lui propose. Sous ces apparences misérables, Solal lui déclare son amour, tente de la séduire, persuadé que «l'attendue et l'inattendue, aussitôt élue» le suivra ; persuadé que l'authenticité de son amour les réunira, sans que s'y mêle «toute cette beauté au cimetière plus tard» ; persuadé d'avoir trouvé «celle qui rachète toutes les femmes […] la première humaine». Mais, horrifiée, elle le repousse violemment, et ce recul, répulsion et réflexe physique, coupe court à son élan. Ôtant son déguisement, il lui promet alors de la séduire par «les sales moyens» habituels : «FemelIe, je te traiterai en femelle, et c'est bassement que je te séduirai.» Le même jour, Adrien, le mari d’Ariane, petit fonctionnaire à la S.D.N., risquant un blâme à cause de son inefficacité chronique, est reçu par Solal qui le fait nommer «membre A» par le tour spécial.
Deuxième partie
Les « Valeureux », cousins de « la branche cadette des Solal », venus de l'Île de Céphalonie, arrivent à Genève fin mai, et Saltiel rend visite à son neveu Solal au Ritz. Le 1er juin, Adrien et ses parents adoptifs, Antoinette et Hippolyte Deume, se préparent à recevoir à dîner Solal, qui ne vient pas. Il confie une lettre d’excuses pour Ariane à Mangeclous qui en profite pour prendre un pantagruélique goûter avec le père Deume. Solal fait envoyer Adrien en mission à l’étranger pour trois mois, dîne avec lui le soir de son départ, le 8 juin, puis, resté seul avec Ariane, arrivée en retard après le départ de son mari, après le pari qu'il lui propose d'emblée : « Si dans trois heures vous n'êtes pas tombée en amour, je nomme votre mari directeur de section» (II, 35), il la séduit par un immense discours sur la séduction, « déshonneur» dont il se dit lassé. Elle ne résiste pas à sa brillante stratégie amoureuse et se donne le titre de «Belle de son Seigneur».
Troisième partie
Leur amour exaltant connaît d'abord « le délire sublime des débuts» (III, 38), couronnés par l'enlèvement, pour l'Italie puis la Côte d'Azur, d'Ariane, les amants vivant alors six semaines de bonheur intense, alors qu’Isolde, la « vieille » maîtresse de Solal, se suicide.
Quatrième partie
S’étant promené, « habillé en juif, avec lévite longue et phylactères », dans les rues du Berlin nazi, Solal, tabasé et en sang, est soigné par la naine Rachel qui se cache avec sa sœur folle et aveugle dans la « cave Silberstein ». Ariane, effrayée par le silence de son amant, rassurée enfin par un télégramme, se prépare longuement à le revoir le 25 août. Mais, à l’heure dite, c’est Adrien, revenu plus tôt que prévu, qui sonne à la porte. La même nuit, aidée par les Valeureux, Ariane s’enfuit à cheval pour rejoindre Solal. Adrien, abattu, erre dans sa maison vide, puis tente de se suicider.
Cinquième partie
Installés dans un hôtel à Agay, sur la Côte d’Azur, Ariane et Solal, qui, poussé par une logique d'échec et par un sentiment de solidarité, est intervenu en faveur des juifs allemands, s’est ainsi discrédité auprès de la S.D.N., a perdu son poste puis sa nationalité française, vivent à l’écart des autres mais sont cependant reconnus. Ils décident de louer une villa, ‘’La belle de mai’’. Solal, qui a caché la vérité à Ariane, supporte de plus en plus mal l’ennui et la lassitude qui s’installent, tandis que l’amour s’étiole et se fane, tourne et se débat sur lui-même, que la passion s'épuise.
Sixième partie
En septembre 1936, Solal entreprend d’humiliantes démarches à Paris, puis à Genève, pour réintégrer le monde social. Ayant échoué, il erre dans les rues, en butte aux omniprésents discours antisémites. Sa déchéance sociale paraît inéluctable et se double d'une dégradation morale, car il a conscience d'avoir aussi trahi sa judéité, remords qui le ronge au rythme de cette litanie désabusée : « Leur pauvre vie» (VI, 42), formule qui inaugure huit paragraphes consécutifs. Ariane, après le retour de son amant, lui avoue avoir eu, avant de le connaître, une liaison avec un chef d’orchestre, réfugié politique allemand, Serge Dietsch. Fou de jalousie, Solal multiplie les scènes, de plus en plus violentes et dégradantes.
Septième partie
De retour au Ritz, à Genève, les amants, qui prennent de l’éther, qui sont de « pauvres damnés du paradis », enfermés dans leur solitude et la déchéance de leur passion, décident d’accomplir un double suicide, afin de sauver leur amour passé, et le font le 9 septembre 1936.
Source: C L
Genève, « Sous le soleil de midi», 1er mai 1935. «Déguisé en vieux juif», «pauvre et laid», édenté, Solal, «quatorzième des Solal» de Céphalonie, prestigieux sous-secrétaire général de la Société des Nations, prince de beauté mais qui se qualifie de «sous-bouffon général», s’introduit chez Ariane Deume dont il est tombé amoureux à sa simple vision lors d’une réception officielle. C’est une jeune aristocrate protestante, de son nom de jeune fille Ariane d'Auble, qui, parce qu’il l’avait sauvée d'une tentative de suicide, a épousé le petit-bourgeois Adrien Deume, modeste fonctionnaire à la S.D.N., subordonné de Solal, mais a été vite lassée par la vie terne et routinière qu’il lui propose. Sous ces apparences misérables, Solal lui déclare son amour, tente de la séduire, persuadé que «l'attendue et l'inattendue, aussitôt élue» le suivra ; persuadé que l'authenticité de son amour les réunira, sans que s'y mêle «toute cette beauté au cimetière plus tard» ; persuadé d'avoir trouvé «celle qui rachète toutes les femmes […] la première humaine». Mais, horrifiée, elle le repousse violemment, et ce recul, répulsion et réflexe physique, coupe court à son élan. Ôtant son déguisement, il lui promet alors de la séduire par «les sales moyens» habituels : «FemelIe, je te traiterai en femelle, et c'est bassement que je te séduirai.» Le même jour, Adrien, le mari d’Ariane, petit fonctionnaire à la S.D.N., risquant un blâme à cause de son inefficacité chronique, est reçu par Solal qui le fait nommer «membre A» par le tour spécial.
Deuxième partie
Les « Valeureux », cousins de « la branche cadette des Solal », venus de l'Île de Céphalonie, arrivent à Genève fin mai, et Saltiel rend visite à son neveu Solal au Ritz. Le 1er juin, Adrien et ses parents adoptifs, Antoinette et Hippolyte Deume, se préparent à recevoir à dîner Solal, qui ne vient pas. Il confie une lettre d’excuses pour Ariane à Mangeclous qui en profite pour prendre un pantagruélique goûter avec le père Deume. Solal fait envoyer Adrien en mission à l’étranger pour trois mois, dîne avec lui le soir de son départ, le 8 juin, puis, resté seul avec Ariane, arrivée en retard après le départ de son mari, après le pari qu'il lui propose d'emblée : « Si dans trois heures vous n'êtes pas tombée en amour, je nomme votre mari directeur de section» (II, 35), il la séduit par un immense discours sur la séduction, « déshonneur» dont il se dit lassé. Elle ne résiste pas à sa brillante stratégie amoureuse et se donne le titre de «Belle de son Seigneur».
Troisième partie
Leur amour exaltant connaît d'abord « le délire sublime des débuts» (III, 38), couronnés par l'enlèvement, pour l'Italie puis la Côte d'Azur, d'Ariane, les amants vivant alors six semaines de bonheur intense, alors qu’Isolde, la « vieille » maîtresse de Solal, se suicide.
Quatrième partie
S’étant promené, « habillé en juif, avec lévite longue et phylactères », dans les rues du Berlin nazi, Solal, tabasé et en sang, est soigné par la naine Rachel qui se cache avec sa sœur folle et aveugle dans la « cave Silberstein ». Ariane, effrayée par le silence de son amant, rassurée enfin par un télégramme, se prépare longuement à le revoir le 25 août. Mais, à l’heure dite, c’est Adrien, revenu plus tôt que prévu, qui sonne à la porte. La même nuit, aidée par les Valeureux, Ariane s’enfuit à cheval pour rejoindre Solal. Adrien, abattu, erre dans sa maison vide, puis tente de se suicider.
Cinquième partie
Installés dans un hôtel à Agay, sur la Côte d’Azur, Ariane et Solal, qui, poussé par une logique d'échec et par un sentiment de solidarité, est intervenu en faveur des juifs allemands, s’est ainsi discrédité auprès de la S.D.N., a perdu son poste puis sa nationalité française, vivent à l’écart des autres mais sont cependant reconnus. Ils décident de louer une villa, ‘’La belle de mai’’. Solal, qui a caché la vérité à Ariane, supporte de plus en plus mal l’ennui et la lassitude qui s’installent, tandis que l’amour s’étiole et se fane, tourne et se débat sur lui-même, que la passion s'épuise.
Sixième partie
En septembre 1936, Solal entreprend d’humiliantes démarches à Paris, puis à Genève, pour réintégrer le monde social. Ayant échoué, il erre dans les rues, en butte aux omniprésents discours antisémites. Sa déchéance sociale paraît inéluctable et se double d'une dégradation morale, car il a conscience d'avoir aussi trahi sa judéité, remords qui le ronge au rythme de cette litanie désabusée : « Leur pauvre vie» (VI, 42), formule qui inaugure huit paragraphes consécutifs. Ariane, après le retour de son amant, lui avoue avoir eu, avant de le connaître, une liaison avec un chef d’orchestre, réfugié politique allemand, Serge Dietsch. Fou de jalousie, Solal multiplie les scènes, de plus en plus violentes et dégradantes.
Septième partie
De retour au Ritz, à Genève, les amants, qui prennent de l’éther, qui sont de « pauvres damnés du paradis », enfermés dans leur solitude et la déchéance de leur passion, décident d’accomplir un double suicide, afin de sauver leur amour passé, et le font le 9 septembre 1936.
Source: C L