Synthèse : Dans «L’Avare», Molière déploie une dramaturgie de l’indistinction, où la figure du maître, Harpagon, s’affirme par une tyrannie qui brouille les rôles sociaux. Contrairement à d’autres pièces de l’époque, la comédie met en scène une multitude de serviteurs, mais ceux-ci, mal payés et méprisés, peinent à s’affirmer face à leur maître. L’analyse révèle une révolte sourde, incarnée notamment par Maître Jacques, porte-parole de la misère des domestiques et dénonciateur de «la querelle toute prête» d’Harpagon. Cependant, cette agressivité se reporte sur Valère, l’intendant, signe d’une hiérarchie contestée. La pièce met ainsi en évidence une crise de l’autorité, où la distinction entre maîtres et serviteurs s’estompe, les enfants étant parfois traités comme des domestiques, et les domestiques, par moments, s’exprimant avec une autorité nouvelle. «L’Avare» apparaît ainsi comme une œuvre qui explore les tensions sociales et les mutations des rapports de pouvoir.
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