Nerval - Les Odelettes - Fantaisie - analyse
SynthĂšse : Le poĂšme sâouvre sur une confidence murmurĂ©e, oĂč lâauteur, sĂ©duit par un «air» «trĂšs vieux» et «languissant», affirme prĂ©fĂ©rer cette mĂ©lodie aux plus illustres compositions. Ce choix, soulignĂ© par des anaphores et des Ă©numĂ©rations, semble conditionner une plongĂ©e dans le passĂ©, une expĂ©rience presque magique, hors du temps et de la sociĂ©tĂ©. DĂšs lors, une unique phrase, riche en propositions subordonnĂ©es et en expansions nominales, dĂ©crit les effets de cet «air» sur lâintĂ©rioritĂ© du poĂšte. LâĂ©coute rĂ©pĂ©tĂ©e de la mĂ©lodie dĂ©clenche une rĂ©miniscence, un voyage synesthĂ©sique oĂč lâĂąme «rajeunit» et contemple, Ă travers une vision floue et prĂ©cise, un paysage familier. Un coteau verdoyant, un chĂąteau, une riviĂšre, des couleurs changeantes, composent un dĂ©cor oĂč apparaĂźt finalement «une dame», figure centrale de la quĂȘte du poĂšte. Cette derniĂšre, «blonde aux yeux noirs», semble ĂȘtre lâenjeu dâune «vie antĂ©rieure», une rencontre potentielle, peut-ĂȘtre, comme le suggĂšre lâemploi du passĂ© composĂ©. Le poĂšme, en convoquant la musique, transcende les angoisses existentielles de lâauteur, lui permettant de revoir, tel un OrphĂ©e moderne, son Eurydice. Cependant, lâexpĂ©rience, bien que mystique, rĂ©vĂšle une fragilitĂ© et une distance, le poĂšte contemplant de loin sa bien-aimĂ©e, confrontĂ© Ă la nĂ©cessitĂ© de la mort pour accĂ©der Ă ce monde. LâĆuvre, par ses correspondances et ses rĂ©miniscences, sâinscrit dans une tradition poĂ©tique oĂč la mĂ©moire et les sens ouvrent les portes dâun ailleurs, mais un ailleurs qui, chez Nerval, semble plus effrayant que rĂ©confortant.
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