Synthèse : Les «Cahiers» de Paul Valéry, vaste entreprise de plus de 26 000 pages, constituent une œuvre singulière, distincte de ses écrits «officiels». Ce «chef-d'œuvre intérieur», élaboré sur cinquante ans, s'apparente à une «autodiscussion infinie», un espace où l'esprit, tel un «animal intellectuel» en dressage, explore les mécanismes de la pensée. L'auteur y recherche la nature du surhumain, défini comme «l'effet sur l'humain de la connaissance de l'humain», par l'analyse des états de conscience et une critique du langage, menant à une réflexion sur la philosophie et la création artistique. Dans ce «livre sans modèle», le style fragmentaire et allusif épouse la mobilité de la pensée, remettant en question la notion d'œuvre achevée au profit de la démarche créatrice. Les «Cahiers», «laboratoire de secrètes recherches», préparent et commentent les œuvres en cours, tout en révélant un Valéry plus humain, en proie aux doutes, et annoncent, par leur caractère fragmentaire, une «parole en archipel» propre à la poésie moderne.
Contenu réservé aux abonnés
Le contenu principal de cette analyse est réservé aux abonnés. Pour y accéder, veuillez vous connecter ou souscrire à un abonnement.