Synthèse : L'acte III de «Ruy Blas» s'ouvre sur l'apogée du héros, dont l'ascension politique se double de l'amour de la reine. Les conversations des Grands d'Espagne, à la scène 1, dévoilent le succès fulgurant de Ruy Blas, devenu secrétaire universel et duc d'Olmedo, une réussite favorisée par la reine et l'abdication du roi. Cette ascension suscite la jalousie des nobles, que Ruy Blas fustige avec véhémence dans une tirade lyrique et politique, séduisant ainsi la reine qui lui avoue son amour. Le bonheur du héros est cependant de courte durée, car Salluste, tapi dans l'ombre, réapparaît pour lui rappeler sa véritable condition de domestique et de complice d'une machination diabolique. Le personnage de Ruy Blas, présenté dès l'acte I, est défini par sa dualité, son nom même témoignant d'une origine à la fois aristocratique et roturière. Cette dualité, exprimée par des antithèses, fait de lui un héros romantique déchiré entre ses idéaux et son statut social, dont l'orgueil et le sentimentalisme sont des faiblesses exploitées par Salluste. Pour Victor Hugo, Ruy Blas incarne le peuple aspirant au pouvoir, mêlant le grotesque et le sublime dans sa quête.
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