Les Fleurs du mal - La Mort - La Mort des pauvres - analyse
Synthèse : La poésie baudelairienne, dans ce sonnet, paradoxalement, célèbre la Mort. Loin d’être une fin tragique, elle est présentée comme une force consolatrice et vivifiante, le seul véritable espoir de l’existence humaine. La Mort devient ainsi un «élixir» qui «nous monte et nous enivre», offrant le courage d’affronter les épreuves de la vie, symbolisées par la «tempête, et la neige, et le givre». Elle est également métaphorisée en «clarté vibrante» et en «auberge fameuse», promettant repos et réconfort. Enfin, la Mort est assimilée à un ange, à la gloire divine, et à un portail vers l’inconnu, suggérant une transcendance et une libération des souffrances terrestres.
C'est la Mort qui console, hélas! et qui fait vivre;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le coeur de marcher jusqu'au soir;
À travers la tempête, et la neige, et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir;
C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus;
C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus!