Cet apologue, le deuxième du Livre VI, est tiré du premier recueil des Fables, lequel comprend les Livres I à VI et que l’auteur définissait comme : « Une ample comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est l’univers » (v.1). « Le Lion et le chasseur », inspiré d’Esope, donne une leçon de vrai courage, en ridiculisant le chasseur, lointain ancêtre du Tartarin d’Alphonse Daudet.
Un fanfaron, amateur de la chasse,
Venant de perdre un chien de bonne race
Qu’il soupçonnait dans le corps d’un lion,
Vit un berger. Enseigne-moi, de grâce,
De mon voleur, lui dit-il, la maison ;
Que de ce pas je me fasse raison.
Le berger dit : C’est vers cette montagne.
En lui payant de tribut un mouton
Par chaque mois, j’erre dans la campagne
Comme il me plaît ; et je suis en repos.
Dans le moment qu’ils tenaient ces propos
Le lion sort, et vient d’un pas agile.
Le fanfaron aussitôt d’esquiver ;
Ô Jupiter, montre-moi quelque asile,
S’écria-t-il, qui me puisse sauver !
La vraie épreuve de courage
N’est que dans le danger que l’on touche du doigt :
Tel le cherchait, dit-il, qui, changeant de langage,
S’enfuit aussitôt qu’il le voit.
La Fontaine - Fables - Le Lion et le chasseur - analyse
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Synthèse : La Fontaine, maître du récit, déploie tout son talent dans "Le Lion et le chasseur", offrant une leçon de courage à travers des personnages hauts en couleur. Le schéma narratif, les péripéties et la dimension théâtrale captivent le lecteur, tandis que les animaux et les humains symbolisent des valeurs universelles. La fable met en lumière la lâcheté du chasseur face au lion, soulignant la vraie nature du courage. La morale, exprimée avec humour et sagesse, invite à la prudence et à la modestie, dénonçant les vantards incapables d'affronter le danger. La Fontaine, en revisitant Esope, offre un pastiche subtil et intemporel, invitant à la réflexion sur la véritable bravoure.