Synthèse : «Memnon», conte philosophique voltairien, narre les mésaventures d’un homme aspirant à la sagesse parfaite et au bonheur qui en découlerait. Son projet, fondé sur la renonciation et la sobriété, est anéanti par une série d’épreuves : amour, perte de biens, infirmité. L’optimisme, incarné par le génie familial, se révèle impuissant à consoler Memnon, le condamnant à une défaite totale.
Contrairement à «Zadig» ou «Le monde comme il va», où l'espoir d'un équilibre meilleur persiste, «Memnon» plonge dans une noirceur inédite, où le mal triomphe sans contrepoids. Voltaire, renonçant à la perspective surplombante, met en scène l'ironie de l'harmonie universelle vue par l'homme souffrant. Ce conte reflète le désarroi de l'auteur, confronté à des déceptions personnelles et à une crise intérieure, annonciatrice de celle qui marquera «Candide».
La quête de perfection de Memnon et son angoisse métaphysique sont perçues par Voltaire comme des chimères, soulignant la nécessité d'abandonner toute exigence d'absolu. Le bonheur, selon l'auteur, réside dans l'acceptation du destin et l'accommodement avec le monde tel qu'il est, loin des ambitions démesurées.
Contenu réservé aux abonnés
Le contenu principal de cette analyse est réservé aux abonnés. Pour y accéder, veuillez vous connecter ou souscrire à un abonnement.