Goethe pose la question : « qu’est-ce qu’une nouvelle sinon un événement singulier et tout à fait nouveau ? » Il se réfère d’abord à l’étymologie ; le mot doit donc être pris au sens propre (écouter les nouvelles à la radio, c’est s’informer sur les événements récents).
Le genre
Ce genre narratif se caractérise par sa brièveté ainsi que par son inscription dans la réalité.
La nouvelle se différencie du roman en ce qu’elle s’attache à un épisode ; elle ne s’inscrit pas dans la durée.
La nouvelle se différencie du conte, autre genre narratif bref, en ce qu’elle se présente comme le récit d’une histoire réellement arrivée, quel que soit le caractère fictif ou même fantastique de cette histoire.
Origine de la Nouvelle
La nouvelle est un genre ancien, pratiqué en Chine dès le IXe siècle. En Europe, sa vogue semble avoir commencé au XIIe et XIIIe siècles. Le premier recueil français, Les Cent nouvelles (entre 1456 et 1467) s’inspire du Décaméron (1350-1355) de l’Italien Boccace. Les faits sont présentés comme réels, récents, les anecdotes sont amusantes, grivoises, et la nouvelle est contée par un narrateur, d’où un style oral.
Par la suite, au modèle italien se substitue un modèle espagnol : Les Nouvelles exemplaires (1613) de Cervantès. Les nouvelles deviennent plus longues, le domaine psychologique est approfondi et le récit revêt des significations multiples avec plusieurs niveaux de lecture possibles.
Évolution du genre
La nouvelle moderne est née avec la grande presse au XIX siècle. Le journal a imposé une longueur au texte : par exemple Kipling (1865-1936) disposait d’une colonne un quart dans la Civil and Military Gazette. Le journal a aussi influé sur le contenu même des nouvelles : l’écrivain a souvent été soucieux de ne pas déplaire aux lecteurs du journal, il a suivi
des modes.
Au XIXe siècle, on distingue deux grandes orientations :
- la nouvelle réaliste,
- la nouvelle fantastique qui arrive en France sous l’influence de la littérature russe (Pouchkine, Gogol, Tourgueniev) et des Histoires extraordinaires de Poe traduites en 1840 par Baudelaire.
Il n’est pas rare qu’un même écrivain pratique les deux genres, par exemple Mérimée ou Maupassant. De plus, beaucoup de nouvelles sont difficiles à classer car elles sont aux limites du vraisemblable, par exemple Les Diaboliques de Barbey d’Aurevilly (1808-1889). Il s’ensuit qu’au XIXe siècle, il n’existe pas une distinction nette entre « conte » et « nouvelle », d’autant qu’il y a toujours un narrateur : Maupassant parle indifféremment de « conte » ou « nouvelle » (Contes de la Bécasse, 1883).
Au XXe siècle, ce sont les écrivains anglo-saxons qui ont dominé la nouvelle (John Steinbeck, Ernest Hemingway, William Faulkner, etc). Signalons aussi, plus proches de nous, l’Italien Dino Buzzati et l’Argentin Jorge Luis Borges (1899-1986).