⇠ Le genre de la Fable Le mouvement réaliste ⇢

Le genre de la Nouvelle

     Page vue 80 fois, dont 13 fois ce mois-ci.

Synthèse : Goethe interroge la nature de la nouvelle comme un événement singulier et inédit, soulignant sa brièveté et son ancrage dans la réalité. Ce genre narratif se distingue du roman par sa focalisation sur un épisode et se différencie du conte par son caractère réel ou fantastique. L'origine de la nouvelle remonte à la Chine ancienne et s'épanouit en Europe à partir du XIIe siècle, influencée par des œuvres telles que le Décaméron de Boccace. Son évolution au fil des siècles révèle l'émergence de la nouvelle moderne avec la presse du XIXe siècle, marquée par des tendances réalistes et fantastiques. Au XXe siècle, les écrivains anglo-saxons comme Hemingway ont dominé ce genre, tandis que des auteurs contemporains tels que Buzzati et Borges ont également contribué à son renouveau.

Goethe pose la question : « qu’est-ce qu’une nouvelle sinon un événement singulier et tout à fait nouveau ? » Il se réfère d’abord à l’étymologie ; le mot doit donc être pris au sens propre (écouter les nouvelles à la radio, c’est s’informer sur les événements récents).

Le genre

Ce genre narratif se caractérise par sa brièveté ainsi que par son inscription dans la réalité.
La nouvelle se différencie du roman en ce qu’elle s’attache à un épisode ; elle ne s’inscrit pas dans la durée.
La nouvelle se différencie du conte, autre genre narratif bref, en ce qu’elle se présente comme le récit d’une histoire réellement arrivée, quel que soit le caractère fictif ou même fantastique de cette histoire.

Origine de la Nouvelle

La nouvelle est un genre ancien, pratiqué en Chine dès le IXe siècle. En Europe, sa vogue semble avoir commencé au XIIe et XIIIe siècles. Le premier recueil français, Les Cent nouvelles (entre 1456 et 1467) s’inspire du Décaméron (1350-1355) de l’Italien Boccace. Les faits sont présentés comme réels, récents, les anecdotes sont amusantes, grivoises, et la nouvelle est contée par un narrateur, d’où un style oral.
Par la suite, au modèle italien se substitue un modèle espagnol : Les Nouvelles exemplaires (1613) de Cervantès. Les nouvelles deviennent plus longues, le domaine psychologique est approfondi et le récit revêt des significations multiples avec plusieurs niveaux de lecture possibles.

Évolution du genre

La nouvelle moderne est née avec la grande presse au XIX siècle. Le journal a imposé une longueur au texte : par exemple Kipling (1865-1936) disposait d’une colonne un quart dans la Civil and Military Gazette. Le journal a aussi influé sur le contenu même des nouvelles : l’écrivain a souvent été soucieux de ne pas déplaire aux lecteurs du journal, il a suivi
des modes.

Au XIXe siècle, on distingue deux grandes orientations :

  1. - la nouvelle réaliste,

  2. - la nouvelle fantastique qui arrive en France sous l’influence de la littérature russe (Pouchkine, Gogol, Tourgueniev) et des Histoires extraordinaires de Poe traduites en 1840 par Baudelaire.

Il n’est pas rare qu’un même écrivain pratique les deux genres, par exemple Mérimée ou Maupassant. De plus, beaucoup de nouvelles sont difficiles à classer car elles sont aux limites du vraisemblable, par exemple Les Diaboliques de Barbey d’Aurevilly (1808-1889). Il s’ensuit qu’au XIXe siècle, il n’existe pas une distinction nette entre « conte » et « nouvelle », d’autant qu’il y a toujours un narrateur : Maupassant parle indifféremment de « conte » ou « nouvelle » (Contes de la Bécasse, 1883).

Au XXe siècle, ce sont les écrivains anglo-saxons qui ont dominé la nouvelle (John Steinbeck, Ernest Hemingway, William Faulkner, etc). Signalons aussi, plus proches de nous, l’Italien Dino Buzzati et l’Argentin Jorge Luis Borges (1899-1986).

   

Texte de Référence

Veuillez sélectionner un texte.