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Le Symbolisme

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(symbolisme : mouvement poétique, littéraire et artistique, principalement français, de la fin du XIXe siècle)

1. Qu’est-ce qu’un symbole ?
Dans le mot symbole, du point de vue étymologique, comme dans parabole ou hyperbole nous retrouvons le radical grec bole (de bolein, qui signifie « jeter », « lancer », et le préfixe sun indiquant l’idée de liaison, d’association. Autrement dit un symbole, au sens premier du terme, est un accouplement de deux choses « lancées ensemble ».
Retenons donc que le symbole est :
- une association de deux réalités ;
- le signe même, la « preuve », de cette association.

2. Dans le domaine poétique, le symbolisme fut constitué entre 1875 et 1885 par Verlaine (Romances sans paroles, 1874 ; Les Poètes maudits, 1884), Rimbaud, Mallarmé (L’Après-midi d’un faune, 1876), Huysmans (A rebours, 1884) et Villiers de L’Isle-Adam pour devenir dominant vers 1885.

3. Les symbolistes conçoivent la poésie comme un monde intuitif de connaissance et une expérience de l’absolu, la notion d’art elle-même étant rapportée à la tradition occultiste.
Le poète a le don de saisir les correspondances (Baudelaire) qui éveillent
en lui la conscience de l’analogie universelle (« tout est symbole de tout ») et tel un « voyant » (Rimbaud), il dépasse les apparences pour percevoir l’unité du monde, en allant de symbole en symbole.
C’est probablement Baudelaire qui s’est servi du symbole poétique au plus près de son sens étymologique d’ »accouplement ». Tel qu’il est conçu dans le sonnet des « Correspondances » et pratiqué dans Les Fleurs du mal, le symbole – au moyen des métaphores – rapproche des réalités séparées, rassemble des fragments épars du vécu et du monde pour leur redonner sens. Le rôle du lecteur est ici un rôle actif: il ne lui suffit pas de «contempler» une « illustration », il lui faut interpréter, voire « déchiffrer » les images qui lui sont proposées.
D’ailleurs, Baudelaire, avec ses Fleurs du mal (1857) avait le premier contesté le culte d’une nature docile et d’un réel sans mystère. Réaffirmant, après Nerval, les obscures correspondances entre réalité sensible et idéalité surréelle, il assigne à la littérature une fonction hautement symbolique de décryptage des apparences matérielles du monde, pour accéder aux vérités qu’elles masquent.
Ensuite, pour Mallarmé, comme pour Nerval, Baudelaire et Rimbaud, la poésie devient une métaphysique expérimentale, le langage symboliste étant d’abord fondé sur la sensation. Le poète laisse « l’initiative aux mots » (Mallarmé) pour ses intuitions et illuminations. Les mots sont alors entendus comme un système de notation musicale ; cette affinité de la poésie et de la musique, fortement influencée par Wagner, a permis aux symbolistes d’innover dans la rythmique et la prosodie (caractères quantitatifs /durée/ et mélodiques des sons en tant qu’ils interviennent dans la poésie).

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