Synthèse : L'analyse de Le Médecin malgré lui révèle une critique acerbe, non pas tant des médecins, absents en chair et en os, que de la médecine et de la crédulité des patients, mise en exergue par la figure de Sganarelle, imposteur dont le charlatanisme s'appuie sur un jargon factice et une connaissance rudimentaire du système humoral. La pièce exploite ainsi l'attrait pour le spectaculaire, avec des remèdes allant de la saignée inutile au pain trempé dans du vin, remède paradoxalement efficace sur Lucinde, dont le mutisme amoureux est interprété comme une déficience sanguine. L'auteur suggère en filigrane la pertinence d'une approche humorale, soulignant l'influence des passions et des déséquilibres internes, notamment en ce qui concerne les mariages contre-nature, source de bouleversements physiologiques. L'ironie mordante de Molière se manifeste, de ce fait, dans la capacité du faux médecin à soigner une patiente dont le mal-être est engendré par l'entêtement paternel, faisant du vin le vecteur d'une logorrhée libératrice et d'une guérison amoureuse, dont l'efficacité, cependant, n'est pas totale.
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