Synthèse : Dans William Shakespeare, manifeste poétique et politique publié en 1864, Victor Hugo déploie une réflexion ambitieuse sur la mission du poète, défini comme un messie ayant pour tâche de « mettre la canaille à l'école de l'honnête ». L'ouvrage, qui se veut la continuation des Misérables, établit une généalogie des génies littéraires, de Homère à Shakespeare, soulignant la puissance du génie créateur et son rôle dans le progrès de l'humanité. Hugo y développe sa vision du XIXe siècle, vu comme le siècle de la Révolution et de l'avènement d'un peuple en quête d'idéal, guidé par la lumière et la beauté. L'écrivain, à travers ce texte, s'érige en prophète, en prêtre du progrès, et place la poésie au cœur d'une nouvelle religion du siècle, où l'écriture devient un acte sacré. Rejetant les critiques contemporaines, Hugo affirme la nécessaire appartenance du génie au peuple, incarnant, par son œuvre, l'esprit révolutionnaire et l'avènement de la fraternité.
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